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Le Siggraph dans son environnement associatif et international

par Pierre Berger

Je vais tenter de situer le Siggraph "du point de vue de Sirius".

D'une part, sur le domaine traité, les disciplines concernées. Le Siggraph se concentre en pratique sur le cinéma d'animation. De nombreux aspects du traitement d'image n'y sont pas actuellement présentés (par exemple la reconnaissance des formes), et d'importants domaines d'application en sont absents, notamment la médecine et la Défense. On peut le regretter, mais il faut reconnaître que la stratégie est payante, étant donné le succès persistant de cette manifestation unique en son genre. Ajoutons que, malgré l'étroitesse de son domaine, l'ACM Siggraph, son congrès annuel et ses chapitres locaux viennent largement en tête des activités de l'ACM, qui pourtant traite de touts les domaines de l'informatique, dont certains représentent  un volume d'affaire et des effectifs sensiblement plus considérables que l'image à elle seule.

D'autre part, géographiquement. Bien qu'international par construction (le A et ACM veut dire Association et non pas American), le Siggraph et l'ACM en général doivent l'essentiel de leurs adhérents et de leurs activités aux professionnels et aux entreprises des Etats-Unis.

Cependant, la situation pourrait changer assez rapidement. D'une manière générale, l'économie américaine et plus généralement le modèle américain sont en crise, peut-être durable. L'Asie monte vite et régulièrement. Les animateurs de l'ACM et de l'ACM Siggraph en sont conscients. Le premier Siggraph Asia se tiendra cette année en décembre, par exemple.

Dans leurs instances dirigeantes, l'ACM s'ouvre assez nettement : président anglaise, vice-président Français. La France est aussi très bien représentée dans les instances dirigeantes de l'ACM Siggraph. Bien au delà d'une simple "proportionnelle", si l'on note par exemple que les Français ne représentent qu'environ un centième des visiteurs du Siggraph (tout en trustant 80% des prix du Computer Animation Festival).

Dans ces conditions, à quand un "Siggraph Europa" et une organisation multicontinentale du Siggraph ? Les idées ne manquent pas, mais la réalisation ne sera pas aisée. En Europe, rien n'est simple. Même si "la crise" a récemment montré qu'elle pouvait s'unir en dépit de ses différences économiques et culturelles.

A ce niveau européen, les masses critiques pour organiser de grands événements ne pourront sans doute pas être atteintes en se limitant au cinéma d'animation. C'est pourquoi, et je m'exprime ici à titre personnel, une coopération interdisciplinaire pourrait être particulièrement utile. Cela peut s'envisager avec d'autres SIG (special interest groups) de l'ACM, notamment le SIGCHI (Computer Human Interaction), qui comporte lui aussi plusieurs chapitres en Europe. Il faut aussi se faire avec les associations informatiques proprement nationales, notamment, en France, dans le cadre de l'Asti, fédération à laquelle notre chapitre appartient depuis sa fondation en 1999.

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