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Le Computer Animation Festival

Le festival de films d’animation par ordinateur du Siggraph 08, compte-rendu par Anne Brotot, Supinfocom Arles.

Compte-rendu du Siggraph 08 - Paris Chapter

Anne Brotot – Supinfocom Arles.

Le festival de films d’animation par ordinateur Siggraph 08

 

Cette année Siggraph a fait évoluer son concept de festival.

Le principal changement consistait en une remise de prix, des soirées exceptionnelles autour de 3 grands studios et un ensemble de conférences clairement identifiées autour de la production de films.

7 programmes de 2 heures chacun, projeté dans la salle du Nokia theatre permettaient de voir l’ensemble des films sélectionnés.

80 films faisaient partie de la sélection, dont 13 furent nominés, 4 ont reçu des prix.

Palmarès :

Best of Show Winner :
Oktapodi”
Gobelins, l’école de l’image, France

Best Student Piece Winner:
“893”
Supinfocom Arles, France

Jury Award Winner:
« Mauvais rôle »
Ecole Supérieure de Réalisation Audio-visuelle, France

Best Well Told Fable Prize :
“Our Wonderful Nature”
HHF, Potsdam-Babelsberg, Germany

Audienze Prize:
« Oktapodi »
Gobelins, l’école de l’image, France<

 

Je me suis intéressée à la provenance des films de cette sélection, provenance géographique mais aussi types de structures et j’ai fait un tableau des résultats.

Pays

 

Total

 

Ecole

 

Recherche

 

Studio

 

Nominés

 

Primés

USA

22

4

1

17

2

0

France

18

16

0

2

6

3

UK

14

1

0

13

2

0

Germany

12

11

0

1

3

1

Japon

7

0

2

5

0

0

Brazil

2

1

1

0

0

0

Australia

2

1

1

0

0

0

Taiwan

1

0

0

1

0

0

Canada

1

1

0

0

0

0

Switzerland

1

0

1

0

0

0

 

80

35

6

39

13

4

Continents

 

 

 

 

 

 

Europe

45

28

1

16

11

4

North America

23

5

1

17

2

0

South America

2

1

1

0

0

0

Asia

8

 

2

6

0

0

Oceania

2

1

1

0

0

0

 

Quelques commentaires :

  • Presque la moitié des films sélectionnés sont des films d’école

  • La majorité des films nominés viennent d’Europe,

  • Tous les prix ont été donné à des films d’école principalement français.

Depuis déjà quelques années, la qualité de production des films d’école rivalise avec celle des studios de haut niveau. Mais si la majorité des films sélectionnés provenant des studios viennent d’Angleterre et des Etats-Unis, ceux provenant d’école viennent principalement de France et d’Allemagne.

Les lieux de formations ne sont pas situés dans les pays nécessitant le plus de main d’oeuvre.

Si les sociétés Anglaises peuvent facilement embaucher des étudiants allemands ou français, les sociétés américaines ont beaucoup de difficultés à obtenir des visas pour de jeunes diplômés étrangers.

Pratiquement un tiers de nos diplômés trouvent du travail en Angleterre, immédiatement après l’école et les sociétés anglaises sont nombreuses à souhaiter être présentes lors des jurys de diplôme.

Au regard de tous les prix attribués à des productions européennes, on peut penser que l’Europe inspire toujours la communauté de l’animation. Pour autant, à l’affût d’images un peu nouvelles, je voudrais mentionner différents films : le film 10th Avatar réalisée par une Indienne et dont l’esthétique puise de manière très heureuse dans sa culture, les bandes annonces pour le festival trickfilms de Stuttgart réalisés par les Filmakademie et dont chacune fait une proposition artistique différente, les films japonais Shatter, Renkan et confine(s) qui explorent un univers à la fois abstrait par les formes et hyperréaliste par le rendu.

Le marché de l’animation par ordinateur en Inde est en pleine croissance, c’est un sujet qui a été traité récemment dans différents festivals tels que FMX ou Annecy, et il est à espérer qu’il en sortira de nouvelles sources d’inspiration visuelles.

Une particularité du Siggraph est de proposer des films de recherche et de visualisation qui proposent parfois des images surprenantes.

 

Projection:

Le Nokia Theatre offrait des conditions de projection de grande qualité et était facilement accessible du Convention Center.

La programmation des films sélectionnés était un peu particulière et différente de la majorité des autres festivals.

Les sept différents programmes de deux heures étaient projetés chacun une fois.

Chacun proposait une trentaine de films différents. Donc certains films pouvait être présents dans 4 ou 5 programmes différents.

Voir tous les films de manière systématique était donc impossible sans voir plusieurs fois les même.

 

Cérémonie de remise des prix:

Cette cérémonie faisait partie des innovations de cette nouvelle version du festival Siggraph.

La cérémonie s’est déroulé rapidement en fin d’après-midi, devant un public clairsemé.

Si la majorité de ce genre de cérémonie sont souvent trop pompeuses, celle-ci était à l’inverse un peu bâclée.

Un extrait de chaque film nominés était projeté, mais il est dommage que les films primés n’est pas été projeté entièrement.

 

Les conférences du festival:

La difficulté au Siggraph est de choisir son programme parmi une programmation très consistante.

Le fait que certaines conférences soient clairement identifiées comme faisant partie du festival donnait une meilleure visibilité et facilitait le choix du programme à suivre.

L’ensemble de ces conférences était globalement très intéressantes et proposait différent points de vue : historique, technologique, contenus …

Les deux jours étaient consacrés au relief ont permis de faire un bon état des lieux et des projets en cours. Par contre la projection relief se déroulait dans une salle de conférence à plat avec un écran assez bas et donc une mauvaise visibilité.

 

Le relief:

L’expérience Dreamworks:

Les studios Dreamworks Animation sont en train de basculer toute leur chaîne technique de fabrication en relief et le prochain film qui sort prochainement: Monsters vs Aliens est conçu en relief.

Phil Mc Nally superviseur du relief, décrit le passage de l’image plate au relief comme un bond technologique important qui permet de rester en 3D sans repasser par le filtre de la 2D et il le compare au passage de la peinture à la sculpture.

Afin d’en tester la problématique technique comme ses incidences sur la réalisation, ils ont repris une scène complète de Kung-Fu Panda et l’ont passé en relief. Leur constat est que la séquence en relief est de 40% plus longue, 1/3 des plans sont restés à l’identique, 1/3 ont été modifiés et le dernier tiers est complètement refait.

Leurs conclusions dans le domaine de la réalisation sont : moins de mouvements et chocs caméra, plus de profondeur de champ, de flou de mouvement, de fondu, moins de points de montage.

Du fait de la suppression du flou de mouvement et de la vision stéréoscopique, l’effet stroboscopique est accentué. Ils envisagent de calculer une fréquence d’image supérieure à 24 images/seconde.

 

L’expérience Disney :

Disney a déjà sorti plusieurs films en relief : Chicken Little, Meet the Robinson étaient des films conçus en 2D et convertis après-coup en relief.

Le court-métrage Glago’s guest a été conçu en relief.

Le prochain long-métrage Bolt sera en relief.

Robert Neuman a expliqué en détail les réglages des caméras virtuelles stéréoscopiques mis en place chez Disney ainsi que les règles spécifiques concernant la gestion des bords d’écran (pas d’objet émergeant coupé …). Il a aussi donné quelques concepts de mise en scène tels que la composition dynamique avec des lignes de fuite en diagonale, la gestion de la rondeur des visages, l’échelle d’intensité émotionnelle en fonction des plans plus ou moins rapprochés


Ces deux studios font le constat que l’utilisation du relief change profondément la mise en scène et réalisation des films.

Cependant, à la question de savoir si il y aurait donc deux versions des films Monsters vs Aliens et Bolt, une en 3D et une autre en 2D, ils répondent qu’il n’y aura qu’une version du film quelque soient les modalités de diffusion.

A noter que parallèlement au développement d’un film en relief, Disney développe un film en animation 2D traditionnelle : « The princess and the frog ».

 

L’expérience de Laïka :

Ce studio est en cours de réalisation d’un long-métrage d’animation en relief en stop motion traditionnelle avec des personnages en marionnettes : Coraline de Henry Selick.

Afin de pouvoir s’approcher près des marionnettes et des décors, le système de prise de vue ne comporte qu’une caméra qui se déplace à la position de chaque yeux et prend donc 2 prises de vue pour chaque image.

On retrouve des images qui comportent des effets optiques de profondeur de champ et un léger effet de stroboscopie que cherchent à neutraliser les films en 3D.


Autre expérience, celle de Sony Imageworks avec déjà Polar express et Monster house en relief à leur actif.

Beowulf combine l’utilisation de la motion capture et du relief.

L’imagerie est proche de celle des jeux vidéo. L’importance des paysages et des décors conviennent bien à l’utilisation du relief.

 

La problématique de formation:

En tant que formateur, j’étais invitée dans différents événements parallèles organisés par certains grands studios. Ce qui montre bien que les studios sont très investis dans la problématique de formation.

Tous les besoins en personnel formé ne sont pas couvert et les profils recherchés sont de plus haut niveau et plus spécialisés. Les grands studios organisent de longues sessions de formations pour les nouveaux arrivants et certains même possèdent leur propre université interne.

Les jeunes gens embauchés viennent de formations soit artistiques soit techniques et un enjeu futur sera de former des profils mixtes.

Une seule conférence du festival était consacrée à la formation ce qui paraît peu compte tenu de l’importance des enjeux de formation pour les studios, et la présence importante de films d’école dans la compétition.

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