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Dimension3 - 2008

Pour sa seconde édition Dimension3 expo, Forum international de l'image 3-D relief, a rassemblé de nombreux professionnels à Chalon sur Saône du 3 au 5 juin 2008.

Conférences

Le mardi matin commence par une brève introduction de Stephan Faudeux, grand maître de cérémonie.

Stephan Faudeux sur scene

Il n'est pas possible de reprendre ici l'intégralité des exposés denses sur trois jours pleins mais voici une sélection de présentations intéressantes:

Captation 3-D de spectacle vivant, les clés de la réussite

La première conférence rentre d'emblée dans le vif du sujet. 

Steve Schklair de 3Ality (USA), producteur du film "U2 3D" pour National Geographic, détaille l'organisation du tournage qui fut en fait démultiplié: 8 caméras pour deux concerts à Buenos Aires, 2 caméras sur deux soirées à Mexico, une au Chili. le groupe ne voulant pas que son public soit gêné par les caméras, les plans rapprochés, en particulier des instruments, ont été réalisés lors d'une soirée spéciale sans public. Il explique aussi sa méthode de contrôle de l'image: à l'époque avec deux écrans juxtaposés (sans vision relief), aujourd'hui avec un système électronique qui affiche en noir et blanc la différence entre les deux images.

Autre exposé marquant de cette première matinée: celui d'Andy Millns de la société Inition (Royaume Uni) qui détaille la retransmission en direct d'un match du tournoi des six nations avec trois couples de caméras HD, la transmission étant assurée par deux flux de 20 Mbits/s depuis l'Ecosse et la projection ayant lieu dans une salle de 300 places de Londres sur un écran de 8 m de base. Les images, tournées avec une mauvaise météo qui obligèrent à déplacer des caméras au dernier moment ne sont pas époustouflantes mais la performance est intéressante. Elle a été reproduite avec 4 caméras pour un match de hockey et Andy pense maintenant monter à 6 caméras mais toujours en restant avec du matériel (caméras, régies) standards.

TV 3D : les projets de demain.

Ralf Tanger du célèbre Institut allemand Fraunhofer (l'inventeur du mp3) affiche sa devise: "We put science into action" et assène à une assistance médusée l'impressionnante série de projets européens sur lesquels travaillent leurs équipes de recherche en partenariat avec de nombreux labos européens dont France télécom ou Thomson France.

Conférence

 

On y retrouve: des projets de téléphone mobile autostéréoscopique, des systèmes de compression pour faire passer un double flux relief dans une transmission DVB-H, de la visiophonie relief sur mobile avec compatibilité pour les téléphones "2D", la définition d'un nouveau standard MPEG pour la diffusion broadcast en 3D au grand public, l'enregistrement de la profondeur d'une image par la captation avec trois caméras, des technologies de captation et de projection immersives (tournage omnidirectionnel avec 5 caméras) et peut-être le plus amusant: l'idée que la vidéoconférence qui existe depuis plus de vingt ans ne "marche" pas, que les gens n'aiment pas et qu'on pourrait lui donner un regain d'intérêt en plaçant autour d'une table des écrans autostéréoscopiques reproduisant les images des correspondants.

Il termine par la présentation du consortium 3D@Home dont la seule dénomination est claire. Il réunit déjà près d'une trentaine d'industriels dont Intel, Philips, Sony, Samsung, Mitsubishi, Quantel, Thomson et Disney !

Phil Surman de l'Université de Montfort (Royaume Uni) nous entraine encore plus loin dans l'avenir et livre d'intéressantes pistes de réflexion à partir de leurs travaux de recherche sur le télévision relief grand public: comment servir jusqu'à 6 utilisateurs distincts avec des écrans autostéréoscopiques (pour se passer de lunettes difficiles à imposer devant la télé du salon) ? D'intéressantes pistes de travail reposent sur le suivi des têtes (fonctionne pour un utilisateur, nouveau programme de recherche en multi utilisateur), voire sur le suivi des yeux ! On pourrait alors imaginer des projecteurs laser reconstituant des voxels dans l'espace et de n'afficher l'image que là où le spectateur regarde : les pubs seraient ciblées et chacun pourrait choisir sa place dans le stade.

Enfin Sebastian Knorr de la société Imcube (start-up issue des travaux d'un laboratoire de l'Université de Berlin) conclut cette riche session par une présentation de leur logiciel de reconstitution 3D automatique à partir d'un film traditionnel. Leurs algorithmes sont pour l'instant limités à des scènes statiques mais les exemples présentés sur des films de paysages sont impressionnants. Leurs prochains travaux vont porter entre autres sur le traitement de scènes avec objets ou personnages se déplaçant, il s'agira alors de les isoler de l'image de fond.

Exploitation 3D, solutions et retours d’expériences

Mastering et diffusion en salles : à la recherche d’une normalisation

Après ces incursions dans l'avenir de la 3D pour la télévision et le téléphone mobile nous voilà revenu sur terre avec ces deux sessions consacrées aux dures réalités du relief dans les salles de cinéma.

De longs débats et présentations des différentes solutions et des problèmes qu'elles engendrent on peut retenir qu'il reste actuellement trois systèmes en présence:

  • la polarisation à partir de deux projecteurs. elle semble assez développée aux USA mais peu en France d'autant plus que le CNC confirme qu'il interdit les écrans à trop fort gain (écrans métalliques indispensables pour conserver la polarisation de la lumière). Il semblerait qu'aux USA on les conserve même pour les projections "2D" ce qui résout le problème du changement d'écran... Il subsiste aussi un problème de fantôme qui nécessite un traitement spécifique de la copie.
  • le système Infitec acheté par Dolby, qui a l'avantage de fonctionner avec un écran standard. Il réclame une compensation de couleur mais elle serait appliquée automatiquement par les serveurs Dolby dans une futur proche.
  • le système Volfoni avec lunettes actives. le plus répandu en France. Il a l'avantage de conserver l'écran standard, de s'installer en 30 mn dans une salle équipée cinéma numérique et d'être flexible d'une salle à l'autre mais il absorbe plus de la moitié de la lumière du projecteur d'où des images souvent trop sombres et des puissances lumineuses requises pas encore disponibles sur le marché.
Pour les trois systèmes ce problème de puissance lumineuse amène à éclaircir les copies mais le problème est que la puissance résultante reste très variable selon les salles.

A ce sujet Kommer Kleijn de l'EDCF dresse un panorama très clair de l'état de la normalisation et évoque plusieurs problèmes non (ou mal) résolus:

  • comment mesurer la luminance dans ces systèmes avec lunettes ?
  • que faire des sous-titres ?
  • la gestion de la cadence des images: le DCI (majors américaines) voulait limiter à 24 et 48, l'EDCF (européens) demande 25 et 50, d'autres réclament 30 et 60 pour la compatibilité avec la télévision, le BluRay,... voire 16, 15, 20, 22 pour les archives.
  • avoir une seule copie pour tous les systèmes relief (la compatibilité 2D serait abandonnée) ce qui implique de gérer tous les traitements spécifiques à un procédé dans les serveurs (ghost busting pour la polarisation, compensation couleur pour Infitec).
  • interfaces serveur-projecteur sous-dimensionnées pour les cadences du relief.

Bref encore du chemin à parcourir pour une véritable standardisation mondiale.

Festival

Le village

Dans un espace convivial chacun pouvait se renseigner ou tester l'essentiel des solutions du marché du relief présenté par les sociétés spécialistes de la chaîne de production d’images 3-D relief (captation, traitement, visualisation et diffusion)

 Espace formation

 

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